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Daniel Buren l’a voulu ainsi : on entre dans la nef du Grand Palais par un couloir sombre à l’entrée Nord et non par l’entrée principale.
Et l’effet est saisissant dès les premières secondes. Nos pupilles dilatées par l’obscurité du couloir sont subitement bombardées de lumière.

Le défi lancé par Monumenta chaque année à un artiste contemporain majeur, est donc relevé en 2012 par  Daniel Buren. Son installation envahit  la nef du Grand Palais et nous interroge sur notre perception de la couleur et de l’espace.
Le public circule parmi une multitude de poteaux, sous des cercles translucides de plastique bleu, jaune, rouge et vert, qui projettent au sol autant de ronds colorés.

La couleur

La couleur est au coeur de l’oeuvre. Daniel Buren avoue avoir atteint sans le vouloir une répartition égale et harmonieuse, en plaçant les cercles aux croisements de lignes respectants l’architecture du Grand Palais. Pour filtrer la lumière, le sommet de la verrière est tendu de bleu.

Les couleurs varient selon le moment de la journée et la lumière du soleil qui traverse la verrière. Elles changent et bougent devant nos yeux, sous nos pas et au-dessus de nos têtes.

L’espace

D’après Daniel Buren, Le Grand Palais est à échelle inhumaine et il souhaite que son oeuvre nous ramènent à échelle humaine. C’est une seconde verrière, plus proche de nous, sous la verrière du Grand Palais.

Le centre de l’installation est une clairière au milieu d’une forêt de poteaux et de couleurs. Seuls de grands miroirs ronds sont au sol, sur lesquels on peut circuler.

Au centre d’ « Excentrique(s) »

« Excentrique(s), travail in situ » est une exposition sur l’espace, le mouvement et la couleur.

Dans une démarche très « pop » (on pense aux « Flowers » de Murakami, aux « Dots » de Yayoi Yusama, aux « Spot Paintings » de Damien Hirst), Daniel Buren crée avec « Excentrique(s) » une oeuvre tout en ronds et en couleurs, surprenante, joyeuse et apaisante.

C’est un parcours très ludique, festif et sensoriel. On explore une forêt enchantée, sous des parasols géants, en sautant dans des flaques de couleurs acidulées.
Debout sur les miroirs, on est surpris d’y voir à la fois le reflet de la verrière et son propre reflet. On se sent projeté dans l’espace de la nef immense, flottant entre le sol et le sommet de la nef.

Selon Daniel Buren, « une oeuvre qui n’est pas montrée au public n’existe pas ». Avec « Excentrique(s) », l’artiste va plus loin et nous place au centre de son installation. Nous faisons partie de l’oeuvre.

Et l’expérience est fascinante.

monumenta 2012 daniel buren - entree nord

monumenta 2012 daniel buren - sous les cercles de couleursmonumenta 2012 daniel buren - sous les cercles de couleurs detailmonumenta 2012 daniel buren - balcon et verrièremonumenta 2012 daniel buren - miroirsPropos recueillis lors d’une rencontre organisée par le CNAP (Centre National des Arts Plastiques) en présence de Marc Sanchez, Directeur de production artistique Monumenta, et Daniel Buren.
Exposition jusqu’au 21 juin 2012 au Grand Palais, Paris. Toutes les infos sur le site Monumenta.
Voir le site officiel de Daniel Buren.

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